Santé: Les problèmes de stérilité sont connus pour être plus fréquents chez les femmes en surpoids ou obèses.

IMG_20190724_223042_874Il est admis que l’activité physique (AP) est généralement bénéfique et qu’elle réduit le risque de développer un grand nombre de pathologies, notamment cardiovasculaires, métaboliques ou cancéreuses. Les liens qui existent entre l’AP, ou son absence, et la santé reproductive sont moins bien compris. Les femmes qui ont davantage d’AP ont moins tendance à prendre du poids durant la grossesse, à développer un diabète gestationnel, ou à faire une dépression du post-partum. Une étude a montré que les jeunes femmes australiennes avaient tendance à diminuer leur AP entre 20 et 30 ans, que moins de 20 % d’entre-elles maintenaient une AP suffisante, et qu’à cette même période le nombre de femmes en surpoids ou obèses augmentait de 21 à 45 %.

Les problèmes de stérilité sont connus pour être plus fréquents chez les femmes en surpoids ou obèses.

Chez les athlètes, les études suggèrent qu’un haut niveau d’AP est associé à des irrégularités menstruelles et à une altération de la fertilité, ce d’autant plus que leur IMC est plus bas.

En population générale, la plupart des études évaluant l’impact de l’AP sur la fertilité a concerné des femmes en surpoids ou obèses, atteintes d’un syndrome des ovaires polykystiques. Ces études ont comparé l’effet de l’augmentation de l’AP à celui du régime et ont montré que l’AP avait un effet plus durable sur la diminution de l’insulino-résistance et la restauration de l’ovulation.

Une revue systématique récente, menée par le « Centre for Research on Exercise, PhysicalActivity and Health » de l’université du Queensland à Brisbane (Australie), avait comme premier objectif d’évaluer l’impact de l’AP sur différentes étapes de la fonction reproductrice des femmes jeunes afin de pouvoir leur donner les meilleurs conseils pour améliorer leur fertilité.

La recherche systématique des études interventionnelles portant sur ce sujet, publiées entre 2000 et 2018, a permis d’en sélectionner dix-huit : 4 essais randomisées cas-témoins (RCT), 13 essais comparatifs, parmi lesquels 4 comparaient l’augmentation de l’AP à un traitement classique de l’infertilité (clomifène, gonadotrophines, et/ou FIV) et 9 à un traitement du syndrome des ovaires polykystiques (metformine, régime hypocalorique, contraception orale),et un essai non comparatif. Douze de ces 18 études ont été incluses dans les méta-analyses, 3 RTC et 9 études comparatives.

Bénéfique en particulier chez les femmes en surpoids ou obèses

Dans les RCT, les taux de grossesses étaient plus élevés dans les groupes AP : 52,1 % vs . 23,5 % dans le groupe témoin : Risque Relatif RR = 2,10 (intervalle de confiance à 95 % IC : 1,32 – 3,35). Deux de ces études rapportaient les taux de naissances vivantes et là aussi les taux étaient plus élevés dans les groupes AP : 42,2 % vs . 19 %. RR = 2,11 (IC : 1,02 – 4,39).

Dans les quatre essais comparatifs, où la comparaison était faite avec un traitement classique de l’infertilité, les taux de grossesses, bien que plus élevés dans les groupes AP (57,8 %), n’étaient pas significativement différents de ceux des groupes traités (41,4 %). Deux de ces essais rapportaient des taux de naissances vivantes qui n’étaient pas en faveur de l’AP.

Dans les neufs essais comparatifs, où la comparaison était faite avec un traitement du syndrome des ovaires polykystiques, les taux de grossesses étaient plus élevés dans les groupes AP : 17 % vs . 11,2 %. RR = 1,59 (IC : 1,06 – 2,38). La méta-analyse faite à partir de six de ces études montre un taux d’ovulation plus élevé dans le groupe AP que dans le groupe traité, mais cette différence n’est pas significative.

L’augmentation d’une activité physique insuffisante, chez des femmes qui sont le plus souvent en surpoids ou obèses, semble pouvoir améliorer leur fécondité. L’activité physique pourrait être prescrite au même titre que les traitements habituellement utilisés pour améliorer leurs cycles.

Reste à préciser le type, la fréquence, l’intensité et la durée de cette prescription.