Pas à pas vers la restauration de la monarchie au Burundi

Au moment où l’article 1 du projet constitutionnel réaffirme que le Burundi est une République, l’article 4 prévoit que la restauration de la monarchie doit faire l’objet d’un référendum. Une disposition différemment interprétée par la classe politique burundaise.

«Rien n’empêcherait que le Burundi redevienne une monarchie, si le peuple le décide», affirme Térence Ntahiraja porte-parole du ministère de l’Intérieur. En démocratie, poursuit-il, les dirigeants doivent respecter le verdict populaire.

M. Ntahiraja fait savoir que la démocratie implique toujours une ouverture : « Si un parti politique ou un individu parvient à asseoir ses idées monarchiques, rien ne l’empêcherait de gouverner. Personne ne peut être discriminé sur base de ses convictions politiques. »

Pour le porte-parole du ministère de l’Intérieur, il faudrait un régime monarchique adapté aux valeurs démocratiques à l’instar des autres monarchies africaines ou européennes. « Mais le Burundi n’entend pas revenir sur les pratiques monarchiques».

Interrogé si le renforcement des clans prôné par le Cndd-Fdd ne s’inscrit pas dans la logique de l’article 4, M. Ntahiraja dément : «Ceux qui le pensent font une interprétation erronée.» Le but du parti au pouvoir est de restaurer et de renforcer l’unité des Burundais ébranlée par le colonisateur.

Et d’ajouter que les ethnies sont une fabrication du colonisateur. Dans le temps, conclut-il, l’unité des Burundais était bâtie sur les clans, socle du tissu social.

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