« Si un seul prêtre a abusé d’un enfant, c’est monstrueux »

Le pape François a jugé mardi que « les consciences » sur la dénonciation d’abus sexuels ont fortement évolué au sein de l’Eglise, tout comme au sein des familles.

« Il est vrai qu’il y a une accusation contre l’Eglise, on le sait tous, on connait les statistiques », a souligné le pape dans l’avion qui le ramenait de l’Estonie à Rome.

« Mais si un seul prêtre a abusé d’un enfant, c’est monstrueux », a-t-il insisté.

« Je comprends que les jeunes se scandalisent de cette corruption si grande », a encore souligné le pape argentin, reprenant des propos similaires tenus mardi en Estonie devant des jeunes.

« Ils savent que cela a lieu partout », a-t-il estimé, « mais dans l’Eglise, c’est plus scandaleux car elle doit conduire les enfants à Dieu et non les détruire ».

Evoquant un rapport publié cet été sur de nombreux abus commis en Pennsylvanie (USA), il a noté par exemple que la situation actuelle était sans commune mesure avec celle des années 70. L’épiscopat américain, a-t-il assuré, a mis en place des mesures pour lutter contre la reproduction de tels abus.

On cachait ces choses

« Dans les temps anciens, on cachait ces choses. On les cachait aussi à la maison, quand les oncles violentaient la nièce, quand le papa violentait ses enfants. On les cachait, car c’était une grande honte », a insisté le pape .

« C’était la façon de penser des siècles passés, ou du siècle passé », a-t-il ajouté, estimant qu’il ne fallait pas juger le passé avec les yeux d’aujourd’hui.

Il a ainsi cité en exemple le fait que l’Etat du Vatican appliquait jadis la peine de mort. « Puis la conscience morale grandit ».

Pressé de réagir sur un rapport présenté mardi par l’Eglise catholique allemande, le pape n’a pas réagi, préférant consacrer l’essentiel de sa conférence de presse au contenu de son voyage de quatre jours aux pays baltes.

Le document allemand de 356 pages, dont le contenu a fuité dans la presse mi-septembre, fait état d’au moins 3.677 victimes entre 1946 et 2014, en majorité des garçons âgés de moins de 13 ans, qui ont été les proies d’au moins 1.670 membres du clergé.

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