Enfants de moins de 2 mois fébriles avec infection virale : quel risque d’infection bactérienne concomitante ?

img_20190106_030723_181

Parmi les nourrissons de moins de 60 jours qui consultent pour fièvre, de 8 à 13 % ont une infection bactérienne confirmée et plus de 50 % une infection virale documentée. Les infections bactériennes sont les septicémies, les méningites et les infections urinaires, appelées infections bactériennes sérieuses (IBS) qui nécessitent un traitement immédiat. En raison de la possibilité de dépister rapidement beaucoup d’infections virales, nombre de cliniciens sont moins enclins à pratiquer un bilan bactériologique car des études ont montré que le risque d’IBS est bas en cas d’infection virale confirmée. Cependant, ces études sont rétrospectives, anciennes et limitées.

Des pédiatres de plusieurs universités américaines ont donc réalisé une étude prospective des nourrissons fébriles de moins de 2 mois consultant dans l’un des 26 départements d’urgence choisis, en 2008-2013. Les enfants sélectionnés devaient avoir une température rectale supérieure à 38° C, eu une hémoculture, une analyse d’urine et/ou une culture du LCR et, de plus, avoir été testés pour au moins une infection virale. Les critères d’exclusion étaient un aspect septique, une prématurité, une comorbidité ou une infection bactérienne focale patente à l’exception d’une otite. Les cliniciens ont enregistré prospectivement les données de l’examen y compris l’échelle de Yale qui fournit une évaluation quantitative de l’aspect et des risques d’IBS des nourrissons fébriles. Le bilan viral a été variable d’un centre à l’autre.

Une fréquence plus faible, mais non négligeable

Parmi 4 778 nourrissons enrôlés, 2 945 (61,6 %) ont eu un bilan viral, qui était positif pour 1 200 d’entre eux (48,1 %), parmi lesquels 44 avaient une infection bactérienne (3,7% ; IC : 2,7 %-4,9 %). Parmi les enfants dont les recherches virales étaient négatives, 222 sur 1 745 étaient atteints d’une IBS (12,7 % ; IC : 11,2 %-14,4 % ; risque relatif : 3,5, IC : 2,5-4,8). Le pourcentage d’IBS spécifiques dans le groupe virus positifs comparé au groupe virus négatifs était le suivant : infections urinaires 33/1 200 (2,8 % ; IC : 1,9 %-3,8 %) versus 186/1 745 (10,7 % ; IC : 9,2 %-12,2 % ; RR : 3,9, IC : 2,7-5,6), bactériémies 9/1 199 (0,8 % ; IC :0,3 %-1,4 %) versus 50/1 743 (2,9 % ; IC : 2,1 %-3,8 % ; RR : 3,8, IC : 1,9-7,7). Le taux de méningites bactériennes tendait à être plus bas dans le groupe virus positif (0,4 %)
versus virus négatif (0,8 %, NS ; OR : 1,9, IC : 0,7-5,3). Les nourrissons virus négatifs avaient plus fréquemment moins de 28 jours, un taux de leucocytes et un taux absolu de polynucléaires neutrophiles plus élevé que ceux virus positifs. En analyse à variables multiples, le statut viral négatif était associé à un risque plus élevé d’IBS (aOR : 3,2 ; IC : 2,3-4,6).

En conclusion, les nourrissons fébriles âgés de 60 jours et moins ayant une infection virale documentée, en comparaison des enfants sans virose, ont une fréquence plus faible, quoique non négligeable, d’infections bactériennes y compris bactériémie et méningite.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s